Ménopause et créativité : Ta renaissance artistique commence
Il y a quelque chose d’étrange qui se passe en moi depuis quelques années. Quelque chose que personne ne m’avait annoncé, que je n’avais pas vu venir. Quelque chose qui ressemble à la fois à une destruction et à une renaissance.

Je me réveille certaines nuits, brûlante, en colère pour des raisons que je ne comprends pas toujours. Mon corps change. Mon esprit aussi. Et au milieu de ce chaos hormonal, il y a cette pulsion créative dévorante qui m’envahit. Comme si tout ce que j’avais contenu pendant des décennies voulait enfin sortir. Sans filtre. Sans permission. Sans excuses.
Bienvenue dans la ménopause. Cette transition dont on ne parle qu’en chuchotant, celle qu’on nous présente comme un déclin alors qu’elle est, en réalité, une des métamorphoses les plus créatives de notre vie.
Le mensonge que la société nous a vendu
Pendant des années, j’ai entendu la même rengaine. Après 50 ans, tu deviens invisible. La ménopause, c’est le début de la fin. Tes meilleures années sont derrière toi. Tu vas perdre ta féminité, ta vitalité, ton impact dans ce monde.
J’y ai cru, un temps. Je me suis préparée au déclin, à devenir cette femme effacée, sage et silencieuse que la société attend que nous devenions.
Mais ce qui se passe vraiment, c’est que la ménopause n’est pas une fin. C’est une métamorphose. Et comme toute métamorphose, elle est inconfortable, déroutante, parfois douloureuse. Mais elle nous transforme en quelque chose de plus puissant que ce que nous étions avant.
C’est le début de notre ère créative. Notre ère de feu.

Ce qui se passe vraiment dans ton cerveau
Les changements hormonaux de la ménopause ne sont pas juste des symptômes à “gérer”. Ils créent un nouveau câblage neuronal, une nouvelle façon d’être au monde.
Moins d’oestrogènes, moins de “plaire”
Les oestrogènes sont liées au comportement social, au besoin d’approbation. Pendant des décennies, cette hormone a influencé notre façon d’être : souriante, accommodante, attentive aux autres. Quand il baisse, quelque chose se libère en nous. Nous nous libérons du regard des autres. Nous cessons de nous demander si nous plaisons, si nous dérangeons, si nous sommes “trop”.
Un nouvel équilibre hormonal
L’équilibre entre testostérone et oestrogènes se modifie. Plus de testostérone relative signifie plus d’assertivité, plus de prise de risque, plus d’authenticité brute. Cette énergie que nous sentions monter en nous et que nous refrénions ? Elle peut enfin s’exprimer.
Une restructuration neuronale
Notre cerveau se recâble littéralement. Et oui, c’est inconfortable. Le brouillard mental, les mots qui nous échappent, cette sensation d’être un peu perdue dans nos propres pensées… Mais c’est aussi une opportunité de créer de nouvelles connexions, de penser différemment, de voir le monde avec d’autres yeux.
Nous ne sommes pas “cassées”. Nous sommes en train de nous reconfigurer pour la phase la plus authentique de notre vie.
La rage créative : ton nouveau carburant

Parlons de cette rage qui monte en nous.
Oui, nous sommes en colère. Plus qu’avant. Irritables. Impatientes. Moins tolérantes aux conneries. Et la société nous dit que c’est un problème, un symptôme à traiter, à adoucir, à faire disparaître.
Mais je vais te dire un secret : cette rage n’est pas un symptôme à gérer. C’est une puissance à canaliser.
Cette rage, c’est toutes les fois où nous nous sommes tues. Toutes les fois où nous avons souri alors que nous voulions hurler. Toutes les fois où nous avons dit “oui” en pensant “non”. Ce sont des décennies de rage féminine comprimée qui remonte enfin à la surface.
Et cette rage peut devenir notre carburant créatif le plus puissant.
Peins-la. Avec des couleurs violentes, des coups de pinceau agressifs. Laissez la colère guider ta main.
Écris-la. Sans filtre. Brute. Vraie. Laisse les mots couler sans les censurer.
Tricote-la. Maille par maille, tu extériorises ce qui brûle.
Couds-la. Découpe, assemble, crée du nouveau avec l’ancien.
Ta rage n’est pas ‘”trop”. Elle est ta force créatrice la plus authentique.
La libération du regard masculin
Quelque chose de magique se produit à la ménopause. Un filtre tombe.
Pendant des décennies, consciemment ou non, nous avons créé, agi, existé en tenant compte du regard masculin ou des injonction de la société patriarcale. Est-ce que je suis assez jolie ? Est-ce que je plais ? Est-ce que je dérange ? Suis-je trop… ?
À la ménopause, ce filtre disparaît. Non pas parce que nous devenons “invisibles” — ces conneries patriarcales —, mais parce que nous cessons de chercher cette validation.
Et c’est là que notre créativité explose vraiment.
Nous créons pour nous, pas pour impressionner.
Nous osons l’audace, le bizarre, le “trop”.
Nous nous fichons des critiques.
Notre art devient authentique, pas de performance.
Ce n’est pas un hasard si tant d’artistes femmes ont explosé créativement après 50 ans. C’est une libération hormonale et psychologique.
La mort de la perfectionniste

Avant la ménopause, j’étais une perfectionniste paralysée. Tout devait être parfait. Je me censurais constamment. “Qu’est-ce que les gens vont penser ? “ J’attendais d’être “prête pour créer. Ma valeur était égale à ma performance.
Aujourd’hui, quelque chose a changé. Profondément.
Maintenant, je me dis : “Fuck la perfection, je crée.” Je m’exprime sans filtre. Les gens pensent ce qu’ils veulent. Je crée maintenant, imparfaitement. Ma valeur n’est plus ma performance — ma valeur, c’est mon existence.
Pourquoi ce changement ?
Biologiquement, moins d’oestrogènes signifie moins de besoin d’approbation sociale.
Psychologiquement, nous avons survécu à assez de merde pour savoir ce qui compte vraiment.
Spirituellement, nous sentons le temps qui file et refusons de le gaspiller à être “sages”.
La perfectionniste meurt. La créatrice sauvage naît.
Réappropriation de notre temps
Avant la ménopause, notre énergie était fragmentée entre mille obligations: carrière, enfants, partenaire, parents vieillissants, maison, notre corps fertile à gérer…
Il restait quoi pour nous?
À la ménopause, nous commençons enfin à nous poser une question révolutionnaire : “Qu’est-ce que JE veux, moi ?”
Qu’est-ce qui ME nourrit ?
Qu’est-ce que j’ai toujours voulu essayer ?
Si je n’avais plus à plaire à personne, qu’est-ce que je créerais ?
Qui suis-je sans mes rôles de mère, épouse, employée, fille?
Créer devient un acte de réappropriation de soi. Chaque coup de pinceau dit : “Je suis là.” Chaque projet terminé dit : “Mon temps a de la valeur.” Chaque création imparfaite dit : “J’existe pour moi.”
La sagesse créatrice que seul l’âge apporte
À 20 ou 30 ans, j’avais peut-être plus d’énergie. Mais aujourd’hui, j’ai quelque chose de bien plus précieux.
La profondeur. J’ai vécu. Aimé. Perdu. Survécu. Mon art a des couches que je ne pouvais pas créer avant.
La confiance. Je sais qui je suis. Ma créativité ne cherche plus à s’excuser d’exister.
La résilience. J’ai traversé des tempêtes. Créer ne me fait plus peur.
L’urgence douce. Je sais que le temps est précieux. Je ne le gaspille plus en tergiversations.
L’authenticité. Je suis trop fatiguée pour faire semblant. Mon art est vrai.
Les jeunes ont l’énergie. Nous avons la profondeur. Et la profondeur crée l’art qui reste.
Mon propre voyage : avant et maintenant
À 35 ans, je créais pour impressionner. Je ne montrais que mes “belles” créations. Je me comparais constamment aux autres. J’abandonnais si ce n’était pas “assez bien”. Ma créativité était une créativité de performance.
À 48 ans, en pleine périménopause, tout a changé.
Maintenant, je crée parce que ça me sauve. Je partage mes pages de Bujo “moches” avec fierté. Je me fiche des comparaisons. Je finis ce que je commence — ou j’abandonne sans culpabilité. Ma créativité est thérapeutique.
Ce qui a changé ? Pas mes compétences techniques. Mon rapport à moi-même.
La ménopause m’a forcée à lâcher qui je pensais devoir être. Et dans cet espace vide, j’ai découvert qui je suis vraiment. Une créatrice. Brute. Imparfaite. Vivante.
Toutes les formes de créativité sont valides

Tu n’as pas à être “artiste” avec un grand A pour être créative.
La créativité, c’est tout ce qui transforme l’énergie intérieure en forme extérieure. Elle peut prendre mille visages :
Art visuel — peinture, dessin, collage, aquarelle, mixed media
Arts textiles — tricot, crochet, couture, broderie, tissage
Écriture — journal intime, poésie, mémoires, fiction, blog
Performance — danse, théâtre, chant (même seule chez toi !)
Nature — jardinage (créer la vie !), arrangements floraux
Arts en 3D — céramique, sculpture, origami, assemblage
Cuisine intuitive — créer des recettes, jouer avec les saveurs
Bullet journal créatif — pages d’art-thérapie, collages, trackers visuels
Choisis ce qui t’appelle. Pas ce qui “devrait” t’appeler.
Les blocages et comment les dépasser
“Je ne suis pas créative”
Faux. Tu crée ta vie chaque jour. La créativité artistique est juste une extension de qui tu es déjà.
“C’est trop tard pour commencer”
Georgia O’Keeffe a créé jusqu’ à 98 ans. Louise Bourgeois jusqu’à 98 ans. Tu as le temps.
“Je n’ai pas de talent”
Le talent est surévalué. La constance bat le talent dix fois sur dix.
“À quoi bon ? Personne ne verra”
Tu n’es pas en train de créer pour un public. Tu crées pour survivre et exister.
“Je suis trop fatiguée”
Créez petit. Cinq minutes. Un coup de pinceau. Un rang de tricot. Créer donne de l’énergie, ce n’est pas l’inverse.
“J’ai peur du jugement des autres”
Bonne nouvelle : ton cerveau ménopausé se fiche de plus en plus du jugement. Surfe sur cette vague !
Commence maintenant (pas demain)
Pas demain. Pas quand tu auras le matériel parfait. Maintenant.
Choisis une chose simple aujourd’hui :
Peinture intuitive : Prends n’importe quelle peinture, une feuille blanche, 10 minutes. Aucune règle. Barbouille tes émotions.
Page de journal sauvage : Ouvre ton journal. Colle, dessine, gribouille. Zéro structure, juste l’expression.
Origami de rage : Prends un papier. Plie avec force. Transforme ta colère en forme.
Écriture brute : Cinq minutes, chrono. “ À la ménopause, je me sens…” Aucun filtre, aucune relecture.
Avec ce que tu as, ce que tu es. Imparfaitement. Sauvagement.

Manifeste de la créatrice ménopausée
Je crée pour moi, pas pour Instagram
Mes créations imparfaites sont valides
Ma rage est un carburant créatif légitime
Je n’ai pas besoin de permission pour exister artistiquement
Mon âge est un atout créatif, pas une limite
Je refuse de cacher mes symptômes de ménopause dans mon art
Ma créativité n’a pas à être “utile” ou monétisée
Je choisis l’authenticité brutale plutôt que la beauté polie
Mes années les plus créatives sont maintenant
Je suis une créatrice. Point.
Bienvenue dans ton ère de feu créateur
La ménopause n’est pas une fin. C’est ta renaissance créative.
Tu n’es pas en déclin. Tu es en transformation.
Les changements hormonaux te libèrent du besoin de plaire, de la perfection paralysante, du regard des autres, des rôles qui te comprimaient.
Dans cet espace de libération, ta créativité la plus authentique attend d’exploser.
Ne l’ignore pas. Ne la “gére” pas. Crée avec elle.
Tes mains se souviennent comment transformer la douleur en beauté. Laisse-les faire.
◆ ◆ ◆
Je te laisse avec cette pensée : et si tout ce que tu as vécu jusqu’ici n’était que la préparation à ta véritable œuvre créatrice ? Et si tes années les plus audacieuses, les plus libres, les plus authentiquement créatives étaient juste devant toi ?
Elles le sont.


